Ne pas se laisser prendre par le discours du pouvoir moderne...

Pratiques Narratives

...cela ne signifie pas se laisser prendre par le discours post-moderniste


Nicolas De Beer

Comme pour d’autres disciplines, il est important de pratiquer de l’inclusion plutôt que de l’exclusion.
Par exemple la science classique avec ses lois déterministes est très utile dans certains domaines et la science moderne qui introduit le temps (vision évolutive, temporelle de l’univers) l’est dans d’autres champs...

La pensée moderne des lumières nous a fait faire des avancées incontestables : séparation de l’église et de l’Etat. Le pouvoir s’est déplacé de la religion vers la science, d’une instance détentrice de la morale vers un espace détenteur du savoir.

Maintenant, que nous considérions que la science et par là, la vérité que nous cherchons prenne un pouvoir démesuré, c’est possible, mais le pouvoir s’est déplacé des nobles, des soldats et du pouvoir séculier aux « savants », scientifiques, et ça, c’était une avancée majeure. De plus, « Pour la première fois de l’histoire, les êtres humains décident de prendre en main leur avenir et de poser le bien-être comme but ultime de leurs actes. » (Tzvetan Todorov).

Le projet des Lumières s’appuie sur trois idées importantes : l’autonomie, la finalité humaine de nos actes et l’universalité.
Il est possible de nos jours de contester les effets de deux de ces idées :
- l’universalisme qui nous amènerait à une pensée unique. Mais elle nous apporte la prévision qui est parfois utile
- l’autonomie c’est-à-dire la prise en main de son propre destin qui est le souhait de beaucoup, est au départ une avancée majeure dans les libertés individuelles.

Et il y a bien sûr des effets pervers :
Premièrement l’autonomie, la réussite personnelle, le développement personnel peut nous faire dévier vers la solitude, le nombrilisme (les Blogs et leurs commentaires sur « moi, ma vie, mon œuvre » ou comment tourner en rond autour de soi), la déliquescence des relations ou comment palier à leur absence par des relations sans épaisseur (FaceBook, Viadeo, YouTube…),

Deuxièmement l'autonomie obligée peut nous amener vers l’obligation de réussir en tant être humain (comme tout le monde le devrait), d’être en forme, d’être en bonne santé, capable de rebondir dans n’importe quelle situation et si ce n’est pas le cas de se retrouver qualifié "en échec personnel".

Il est certain qu’un mouvement, quand il s’essouffle voit apparaître des défauts.
Mais les post-modernes, s’ils prônent l’individualité plutôt que l’universalisme, prônent la différence, oui, c’est certain, etc. mais pêcheraient-ils par rêverie en pensant que tout est singulier face à tout doit être découvert et mis en équations, en typologies. Alors, qui a raison ?
Je parlerai plus tard de laphilosophie critique française, bien "sous tous rapports" ?

Plutôt que l’antagonisme, préférons privilégier l’inclusion.
Considérer la pensée, comme le monde, en complexes.
Modernisme et post-modernise nous sont tous deux utiles : « La saturation de tous les genres » de Jean-François Lyotard à l’origine de l’expression « post-moderne » et les recherches pour trouver de l’ordre (l’ordre des choses, le nouvel ordre mondial, mettre de l’ordre, etc.). Tout est une question d'échelle. D'où je parle, alors, quelle question je me pose et quelle question ai-je à poser.

Michael White ne considérait pas qu’il fallait bannir le pouvoir moderne, mais qu’il fallait le prendre en compte comme paramètre d’influence quand nous travaillions avec nos clients. Ne pas en être dupes. Et faisons une distinction : il y a une différence entre une posture de praticien en séance et un engagement politique.

Tout doit pouvoir être questionnable. C’est de notre liberté dont il s’agit : être capable de « se remettre en question », de questionner les croyances, les évidences, les vérités.
Quel est l’absent l’implicite ? L'inexistant ? (1)


Si vous souhaitez vous former aux Pratiques Narratives


NOTES
(1) "Vous ne pouvez absolument pas dire de l’inexistant qu’il est le néant. C’est là que réside l’erreur métaphysique, la seule erreur métaphysique qui soit irrémédiable. L’erreur métaphysique par excellence, c’est d’avoir identifié l’inexistant au néant. Parce que l’inexistant est justement. Il est absolument." (Alain Badiou)

Pas de commentaires pour le moment

 


Réagissez, laissez un commentaire









Nous vous prions de nous excuser pour l'inconvénient que procure ces codes de sécurité.
Nous avons été obligés de mettre cette protection afin de protéger vos commentaires
et de ne pas être inondés de spams.

Vous êtes responsable du contenu que vous publiez.
Le code HTML dans le commentaire sera affiché comme du texte.

 

POSTEZ VOTRE COMMENTAIRE
Imprimer la page