Travailler sans transfert

 

Beaucoup d’écrits sur la relation de coaching édictent que le transfert dans la relation est inéluctable. Pourtant le transfert est une notion métaphorique qui n’a de réalité que pour les personnes qui fonctionnent dans le paradigme analytique. Cette notion de déplacement, de projection est un imaginaire que le praticien (psychanalyste) met en place au démarrage de la relation par son attitude, sa posture, ses questions, ses attentes, bref sa position qui lui vient de ses connaissances, ses savoirs, ses études, ses expériences et qui lui fait dire que, quoi qu’il arrive, « ça va se présenter ».
 

« L’analyste est tenu, dans la forme classique, à une discrétion totale et à favoriser le transfert, alors que le thérapeute… doit à tout instant éviter que le transfert ne s’instaure ». (François Roustang)

Beaucoup d’écrits sur la relation de coaching édictent que le transfert dans la relation est inéluctable. Pourtant le transfert est une notion métaphorique qui n’a de réalité que pour les personnes qui fonctionnent dans le paradigme analytique. Cette notion de déplacement, de projection est un imaginaire que le praticien (psychanalyste) met en place au démarrage de la relation par son attitude, sa posture, ses questions, ses attentes, bref sa position qui lui vient de ses connaissances, ses savoirs, ses études, ses expériences et qui lui fait dire que, quoi qu’il arrive, « ça va se présenter ».

Cette métaphore est extrêmement pertinente, utile dans le contexte de la cure psychanalytique, elle en est un des principaux outils. Et, elle a fait ses preuves. De là à la… transférer (sic) dans d’autres contextes, dont notamment celui du coaching, il y a un monde de risques. Le coaching n’est pas une psychanalyse, il est « l'accompagnement d'une personne à partir de ses besoins professionnels pour le développement de son potentiel et de ses savoir-faire » (S.F. Coach). Il n’est pas l’analyse d’une vie, même professionnelle, il est le développement d’un potentiel professionnel.

Si comme le propose Michael White « Une métaphore devenue vraie est une métaphore morte ». Et si le transfert n’est pas vrai, s’il est une métaphore, comment « éviter qu’il ne s’installe » ? C’est-à-dire, comment éviter d’utiliser une métaphore inadaptée au contexte du coaching ? Ma petite-fille de 5 ans me répondrait « Eh ben… en en utilisant une autre, non ? ». Et elle aurait bien raison.

Et pourtant il y a déplacement

Une autre métaphore très opérationnelle en coaching, et qui rend également compte d’un phénomène de déplacement, nous vient de la systémique, l’analogie ou processus parallèle (1). Changement de paradigme : nous passons de l’analytique au systémique. Quel est le lien entre ce qui se manifeste dans le système-séance de coaching et ce qui se manifeste en-dehors, dans le système-contexte professionnel du client ? Où est l’analogie, la similitude ? Au coach de l’identifier et de la proposer à son client sous forme d’hypothèse.

Positionné dans le paradigme systémique, se référant à la métaphore de l’analogie, le coach peut alors installer une relation de parité, travailler ici et maintenant et ramener le client dans le contexte en cas de dérive « en quoi ce que vous êtes en train de me dire est-il en lien avec l’objectif pour lequel vous êtes venu me voir ? ».

Tout serait-il une question de type de déplacement proposé à la relation ?

Un déplacement temporel viendrait d’un praticien faisant l’hypothèse qu’une figure signifiante du passé va se projeter sur lui. Il favorisera le transfert, il permettra d’analyser le passé et de revisiter le présent.

Un déplacement spatial viendrait d’un praticien faisant l’hypothèse qu’un contexte signifiant d’aujourd’hui va se projeter sur l’interaction entre le client et lui. Il favorisera l’analogie, il permettra de mettre à jour le présent et de projeter vers l’avenir.

Une autre option est, dans l’approche contextuelle, ce que l’on appelle « l’ardoise pivotante ». L’impossibilité de faire payer la dette par nos ascendants (temporel), nous amène à déplacer la demande vers nos co-latéraux (dans le présent).

Restons humbles

Il n’est donc aucunement inéluctable de devoir prendre en compte le concept de transfert dans la séance de coaching. Remplaçons-le par le concept de déplacement et choisissons notre paradigme de référence, il nous orientera vers la métaphore de déplacement pertinente. Partageons le même temps avec notre client, celui du présent, scrutons notre ressenti, observons les patterns et méta-communiquons sur ce qui est « en train de se produire ». Alors nous apercevrons des analogies de contexte et des analogies d’échelle et nous pourrons proposer des hypothèses à notre client. Parfois elles seront percutantes, d’autres fois elles tomberont complètement à plat. Qu’importe, c’est le client qui fait le sens et le coach qui montre sa vulnérabilité.

 

NOTE
(1) Edgar Morin et Joël de Rosnay l'appellent le "principe hologrammatique". Le physicien David Bohm l'appelle "l'holonomie".

 

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