ABCdaire : Sujet

L’ABCdaire d'Isabelle Laplante et Nicolas De Beer
Les auteurs se proposent d’expliciter en quelques lignes les idées que ses auteurs entretiennent sur le monde. Il répertorie des mots choisis par les auteurs. Chaque mot donne lieu à un court article. Ces textes n’ont pas pour vocation de faire le tour d’un thème ou d’une question, ils ne prétendent pas à l’exhaustivité, ils ne se veulent pas synthèse ni analyse ni dissertation ni article de recherche. Ils expriment la vision, la compréhension, la position, l’opinion, etc. de leurs auteurs et explicitent les idées qu’ils entretiennent sur le monde et leur métier de coach, à un moment donné.
 

Distinction sujet-objet : "ce qui m'intéresse, ce n'est pas le bonheur de tous les hommes, mais le bonheur de chacun d'eux" (Boris Vian)

Dans le coaching, le professionnel /coach « fait sujet », il est un sujet qui rencontre un autre sujet. Cette rencontre est une conjonction qui permet de mettre en action une boucle inter-subjective.
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Ce concept de sujet nous apparaît comme important dans notre monde occidental qui produit en masse et propose à la consommation nombre d’objets et de « solutions ». Est-ce que considérer la solution en préalable pour pratiquer le métier de coach ne risque pas de nous faire dériver vers la conception du client comme objet ? Par exemple, en utilisant les typologies, classifications, profils… ? Classer, si c’est socialisant, est également amalgamant, chosifiant, simplifiant. Le sujet, au contraire de l’objet, est irremplaçable, unique et non classable. Bien souvent, le sujet est objectivé dans l’entreprise et « remplaçable ».

La société d’assistance nous propose  de considérer les êtres humains comme des objets de société, et de nous vivre comme tels : classés et catégorisés (salariés, émigrés, chômeurs, bourgeois, ouvriers, gens de gauche ou de droite…) et "statistisés".

En philosophie le sujet s’oppose à l’objet en ce que le sujet est celui qui connait tandis que l’objet est ce qui est connu : « L’esprit qui connait, par opposition à la chose connue » disait le philosophe Armand Cuvillier. Le sujet, c’est l’être réel par opposition à l’objet. Le client ne peut être une chose connue, car il n’est ni une chose, ni connue. Le client est un sujet et un étranger.

Celui qui dit JE est au-delà du ON, il est individué : il se différencie des autres et existe grâce à la relation avec les autres.

Faire sujet, vivre sujet, c’est se décider responsable, se poser en responsable de ses actes, de son présent et de son futur, citoyen individué et conscient de ne pas tout savoir, de vivre le doute.

Pour René Descartes le sujet pensant est fondement de la connaissance. La rencontre de deux sujets en séances (coach/client) est une passionnante conjonction de sujets responsables et pensants.

La conversation de coaching est une relation inter-subjective, dénuée d’objectivité, sans solutions préalables ni classement. Mais qui nécessite une attention fine à ce qui se passe, se co-produit, se déroule entre deux sujets : le client et le coach.

 

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