Nomadisme et apports nietzschéens - Nomadismo y aportes nietzscheano

Bruno Raynal

 

Si le consultant doit “ faire penser”, quel type de pensée doit-il privilégier et encourager ? Il est temps pour les leaders d’aujourd’hui de s‘affranchir des vieilles catégories qui le confinent aux poussiéreux modèles académiques du management. “Préférez ce qui est positif et multiple, la différence à l’uniforme, le flux aux unités, les agencements mobiles aux systèmes. Considérez que ce qui est productif n’est pas sédentaire, mais nomade"(1).
Le leadership concerté est aussi “déconcertant”. Il doit permettre l’émancipation des valeurs de l ‘organisation et autoriser la pensée à flâner, à marauder, à traîner...

Encourager un mode de pensée nomade
Le nomade se déplace ou pas. Il habite un espace lisse, traversé de lignes de fuites (voir N°9 la définition) et de multiplicités. Un espace lisse est un espace ouvert , un espace d'errance, c'est un espace de l'immanence et non un espace strié et fermé sur lui-même divisé en parcelles. Un espace fermé est un espace que l'on partage, que l'on divise, que l'on restreint. Un espace ouvert est un espace où l'on se répartit, un espace non-divisé, un espace complet, un tout (mode nomade, mode de l'immanence). La pensée est affectée par l'espace. Dans un mode sédentaire, l'espace a été fermé et les données sont ordonnées sur un plan de la transcendance (verticalité et hiérarchie). Dans un mode nomade la pensée circule elle suit les lignes de fuite, elle est dans tout. On pourrait parler d'un mode de pensée aléatoire, intuitif, libéré des espaces clos de la pensée transcendantale.

Influences du Principe de mobilité dans le processus artistique
Le principe de mobilité intervient à différents niveaux du processus artistique. Si, dans le monde des arts, la mobilité constitue un principe nécessaire de diffusion, voire de création, le nomadisme artistique relève d’une référence à la fois plus large et plus profonde si l’on considère le statut de l’artiste aujourd’hui et les contours du monde de l’art. Précisément, le nomadisme n’est pas seulement un mode de mobilité physique, « selon la lecture que Deleuze fait de Nietzsche, il est une forme de pensée qui suit une ligne de fuite qui ne se laisse pas prendre dans les mailles des forces institutionnelles”.
Cette forme de pensée est constitutive de la figure de l’artiste dès le 19ème siècle ou la pensée nomade est avant tout une posture fondée sur une défiance.(2)

H.S. Becker a montré combien la production artistique était redevable de l’intervention de nombreuses catégories de personnes et ne se limitait pas à la seule activité de l’artiste. Outre l’artiste, l’ensemble des personnes qui prennent part à ces différentes étapes de la production de l’œuvre jusqu’à sa diffusion constituent ce qu’il appelle la chaîne de coopération artistique. Par ailleurs, “ le réseau d’activités coopératives” comprenant tous ceux qui contribuent à l’élaboration de l’œuvre jusqu’à son état final, et qui, pour ce faire, partagent des modes de pensées conventionnels, constituent un monde de l’art.(3)

Elle apparaît plus comme un mode d’opposition au "monde bourgeois", à l’académisme, à l’État, qu’un nomadisme physique ou un "mouvement social" au sens strict.

La posture à l’écart de l’art nomade ne renvoie pas qu’à un principe artistique. Elle est aussi une volonté d’expérimentation de vie, une recherche individuelle identitaire qui n’est pas orientée par des valeurs ou des normes imposées. Principe artistique la pensée nomade relève alors autant d’un mode de vie et participe à la construction de soi. Le leadership s‘émancipe.
Si l’on retrouve bien l’opposition aux institutions dans cette revendication d’autonomie et d’indépendance, on retrouve aussi la forme de libéralisme évoquée plus haut et une pensée individualiste poussée à l’extrême. Il s’agit surtout de permettre des espaces temps, dégagés des contraintes de la société.
À ces niveaux se retrouve la posture critique sur le monde et une volonté de "changement" qui marque la pensée nomade même si cette volonté n’est pas dirigée précisément et qu’elle est portée par la mobilité elle-même. Le leadership est donc ici d ‘une nature singulière. Elle ne se limite pas a influencer l’environnement. Elle est d ‘une nature plus profonde, libératrice, provocatrice, voire révolutionnaire.

Nomadisme ou “inciter à penser differemment”
Repenser notre identité : dans une perspective nietzschéenne, nomade et rhizomatique, mieux vivre ensemble impliquerait probablement de délaisser les catégories identitaires rigides et immuables au profit d’identités multiples, souples et variables. Cette idée rejoint en quelques sortes celle de Giorgio Agamben (1990) selon laquelle la communauté à venir se composera de "singularités quelconques", c’est-à-dire d’individus qui se définissent par leur être en tant que tel sans rattachement identitaire lié aune quelconque appartenance communautaire. Selon Agamben, l’être à venir échappera aux dichotomies artificielles : il ne sera ni universel, ni individuel, mais quelconque. Il ne s’envisagera ni en fonction d’une appartenance à une classe, ni en fonction d’une absence d’appartenance à toutes les classes. Par ailleurs, les singularités quelconques sont les pires ennemis de l’État dans la mesure où elles refusent de s’inclure dans quelconque identité, rejettent toute condition d’appartenance et s’approprient l’appartenance même. Comment alors penser la politique d’une communauté qui se caractérise par l’absence d’identité et de conditions d’appartenance ?

Repenser les processus démocratiques et d’alignement organisationnel : pour Nietzsche, le mouvement démocratique est une forme de décadence qui, en voulant traiter tous les hommes sur le même pied d’égalité et imposer le même pour tous, mène à la médiocratisation de l’homme. Puisque chaque homme est le résultat unique des forces qui le traversent, tout État, religion, morale ou doctrine politique sont des instruments de dressage qui l’affaiblissent en lui imposant une régulation pulsionnelle spécifique. (5)Il est toutefois essentiel de préciser ici que Nietzsche remet seulement l’idéal démocratique en question dans la mesure où il contribue à l’aplanissement des différences et au rejet de tout ce qui est rare et original. Il ne s’attaque pas à l’égalité économique, mais seulement au nivellement des différences et à la réduction à un seul type. (6) Obtenir un consensus par la délibération comme le propose Habermas reviendrait donc pour Nietzsche à niveler les idées fortes et originales pour faire place à des critiques et des idées faibles qui ne méritent même pas qu’on s’y attarde.

Repenser l’espace public : à la lumière de la pensée nietzschéenne nomade, l’espace public semble devoir être repensé non pas comme un lieu fermé où une poignée d’individus parviennent à un consensus sur des questions d’intérêt public après avoir délibéré de façon raisonnable, mais comme un espace ouvert donnant lieu à des rencontres et même à des rapports de forces qui favorisent la transformation des individus qui s’y retrouvent. Autrement dit, l’espace public devrait être envisagé comme un lieu qui permet à des individus provenant de milieux différents de confronter leurs idées et de renouveler constamment leur pensée au gré de leurs rencontres fortuites. Dans cette optique, mieux vivre ensemble impliquerait pour chacun de faire preuve d’une grande ouverture, d’envisager les différences entre les individus et les différences au sein même de chaque individu comme une richesse et non pas comme un obstacle au "vivre ensemble".

Repenser les relations interindividuelles : il serait intéressant de voir dans quelle mesure le concept du "rhizome" théorisé par Deleuze et Guattari, permet de repenser le "vivre ensemble". En effet, le modèle du rhizome n’envisage pas les relations interindividuelles en fonction d’une hiérarchie, mais plutôt en fonction de réseaux d’interconnexions où se développent des liens d’affinité et non des liens de filiation.(7) A une époque où prolifèrent les différences de cultures, de modes de vie, de religions ou de préférences sexuelles, il semble en effet nécessaire de faire tomber les barrières identitaire, géographique, sociale, culturelle et sexuelle pour envisager les relations avec autrui sur la base de l’affinité. Une culture qui favoriserait le rassemblement d’individus de milieux complètement différents autour de passions ou d’intérêts communs nous permettrait-elle de mieux vivre ensemble ?

“La pensée nomade de Nietzsche est toujours autant d’actualité, la circulation accrue des personnes, des biens et des idées a déraciné bien des hommes de leur habitat pour les confronter aux multiples lignes de fuite qui sont les leurs. Ce mouvement est de plus en plus rapide, inconfortable, précarise l’individu dans sa société. Le pouvoir et l’autorité ne trouvent plus la résistance qu’ils escomptaient car l’individu se meut rapidement à l’intérieur de lui-même, modifie ses allégeances au fil de son voyage. Il est de moins en moins fixé à un seul village, une seule idée, un seul dieu. Il s’exile dans la multiplicité des devenirs, se dé-sédentarise pour nomadiser à nouveau.”(8)
 

NOTES

1) Michel Foucault, préface à l'Anti Œdipe
2) Fabrice Raffin-Friches industrielles – Un monde culturel européen en mutation, Editions l’Harmattan, 2007
3) L’itinérance des artistes et la constitution du champ des arts à Brasília (1958–2005) Angélica Madeira, Universidade de Brasília
4) Trépanier-Jobin, Gabrielle (2008), Comment mieux vivre ensemble ? Pensée nomade et vnouvelles perspectives : Actes du colloque « Comment vivre ensemble ? La rencontre des subjectivités dans l’espace public » (Université du Québec à Montréal, 20-21 octobre 2007), sous la dir. de Charles Perraton, Fabien Dumais et Gabrielle Trépanier-Jobin [En ligne: http://www.gerse.uqam.ca].
5) Wotling, 2000 : 32 ;Crépuscule des idoles, «Ceux qui veulent “amender” l’humanité »,§2
6) Nietzche. Crepuscule des idoles « Divagation d’un “inactuel” », § 37, 38
7) Capitalisme et Schizophrénie 2. Mille Plateaux, Gilles Deleuze et Félix Guattari, París: Minuit, 1980 : 20, 25
8) Anarkali- Chercheur d'exil. En ligne: figures de l’exil chez nietzsche (VIII) : conclusion ; exil et nomadisation
9) Definition de la Ligne de fuite: (Collectif Transversel Decembre 2010) : "dans l’univers des dispositifs de pouvoir, dans ce monde tellement blindé de rôles et de rapports qu’il n’en finit pas de mourir, l’émancipation ne se pose pas comme un programme, un projet alternatif mais comme une perspective, une ligne : la ligne de fuite. Le concept de ligne de fuite a été élaboré par Félix Guattari et Gilles Deleuze. Ils distinguent pour cela au sein de nos vies trois types de ligne : la ligne dure, la ligne souple et la ligne de fuite. Les lignes dures sont celles des dispositifs de pouvoir. Les lignes souples sont différentes mais voguent autour des lignes dures sans les remettre en question : histoires de famille, désirs cachés, rêveries pendant les cours, vilain petit secret, ...Et enfin il y a les lignes de fuite, et de celles-ci nous ne revenons jamais au même endroit. « Une vraie rupture est quelque chose sur quoi on ne peut pas revenir, qui est irrémissible parce qu’elle fait que le passé a cessé d’exister » Prendre une ligne de fuite ne signifie pas « prendre la bonne voie » mais « expérimenter ». Ensuite les lignes de fuite sont les plus dangereuses parce qu’elles sont réelles et pas du tout imaginaires (ce sont les lignes souples qui sont imaginaires : rêveries, fantasmes, utopies révolutionnaires, ragots,...). Avant de suivre une ligne de fuite il faut pouvoir la tracer". (Collectif Transversel Decembre 2010)

 

Version Espagnole

“Nomadismo” y aportes nietzscheanos “para hacer pensar”


Bruno Raynal

Si el asesor debe “hacer pensar”, ¿qué tipo de pensamiento debe favorecer y fomentar? Es tiempo de que los líderes de hoy se liberen de viejas categorías que los confinan a polvorientos modelos académicos de dirección. “Prefiera lo que es positivo y múltiple, lo diferente a lo uniforme, el flujo a las unidades, los agenciamientos móviles a los sistemas. Considere que lo que es productivo no es sedentario, sino nómada”.(1)
El liderazgo concertado es así de “desconcertante”. Debe permitir la emancipación de los valores de la organización y autorizar nuevas “errancias liberadoras” del pensamiento.


Fomentar una manera de pensar nómada
El nómada se desplaza, o no. Habita un espacio liso, cruzado de líneas de fuga (9) y multiplicidades. Un espacio liso es un espacio abierto, un espacio para pasear, es un espacio de inmanencia, no un espacio estriado y cerrado sobre sí mismo, dividido en parcelas. Un espacio cerrado es un espacio que se comparte, que se divide, que es limitado. Un espacio abierto es un espacio que se distribuye, un espacio no dividido, un espacio completo, un conjunto (modo nómada, modo de inmanencia). El pensamiento es afectado por el espacio. En un modo sedentario, el espacio es cerrado y los datos son ordenados sobre un plano de transcendencia (verticalidad y jerarquía). En un modo nómada el pensamiento circula, sigue las líneas de fuga, está en el todo. Se podría hablar de una manera de pensar aleatoria, intuitiva, liberada de los espacios cerrados del pensamiento trascendental.


Influencias del Principio de movilidad en el proceso artístico
El principio de movilidad interviene en los distintos niveles del proceso artístico. Si, en el mundo de las artes, la movilidad constituye un principio necesario de difusión, o incluso de creación, el nomadismo artístico tiene como fondo una referencia a la vez más amplia y más profunda, si se consideran el estatuto del artista hoy y los entornos del mundo del arte. Precisamente, el nomadismo no es solo un método de movilidad físico, “según la lectura que Deleuze hace de Nietzsche, es una forma de pensamiento que sigue una línea de fuga que no se deja atrapar por las redes de las fuerzas institucionales”.
Esta forma de pensamiento es constitutiva de la figura del artista a partir del siglo XIX o el pensamiento nómada es una postura basada sobre todo en la sospecha.(2)

H.S. Becker mostró cómo la producción artística depende de la intervención de numerosas categorías de personas y no se limita únicamente a la actividad del artista. Además del artista, el conjunto de las personas que participan de las distintas etapas de la producción de la obra hasta su difusión constituyen lo que se llama la cadena de cooperación artística. Por otra parte, “la red de actividades cooperativas” incluye a todos los que contribuyen a la elaboración de la obra hasta su estado final, y que, para esto, comparten maneras de pensar convencionales, constituyendo el mundo del arte.(3)
Aparece más como un método de oposición al “mundo burgués”, al academicismo, al Estado, que un nomadismo físico o un “movimiento social” en sentido estricto.
La postura diferente del arte nómada, no remite más que a un principio artístico. Es también una voluntad de experimentación de vida, una investigación individual identitaria que no se orienta por valores o normas impuestos. Principio artístico, el pensamiento nómada, se basa entonces en un modo de vida y participa en la construcción del sí mismo. El liderazgo se emancipa.
Si bien se percibe la oposición a las instituciones en esta pretensión de autonomía e independencia, se encuentra también la forma de liberalismo mencionada más arriba y un pensamiento individualista promovido al extremo. Se trata sobre todo de permitir espacios-tiempo liberados de las restricciones de la sociedad.
A estos niveles se encuentra la postura crítica sobre el mundo y una voluntad de cambio que marcan al pensamiento nómada, incluso a pesar de que esta voluntad de cambio no está orientada con precisión y es impulsada por la movilidad misma. El liderazgo es pues aquí de una naturaleza singular. No se limita a influir sobre el medio ambiente. Es de una naturaleza más profunda, liberadora, provocadora o, incluso, revolucionaria.


Nomadismo o “incitar a pensar de manera diferente”
Reconsiderar nuestra identidad. En una perspectiva nietzscheana, nómada y rizomática; convivir mejor implicaría probablemente olvidar las categorías idénticas, rígidas e inmutables, en favor de las identidades múltiples, flexibles y variables. Esta idea retoma en cierta forma la de Giorgio Agamben (1990) según la cual, la comunidad futura estará compuesta por “singularidades cualquiera”, es decir, de individuos que se definen por ser lo que son en tanto tales. Según Agamben, el ser del porvenir escapará a las dicotomías artificiales: no será ni universal, ni individual, sino cualquiera. No se percibirá en función de su pertenencia a una clase, ni en función de su no pertenencia a ninguna clase. Por otra parte, las singularidades cualquiera son los peores enemigos del Estado en la medida en que se niegan a incluirse en alguna identidad, rechazan toda condición de pertenencia y se apropian la pertenencia misma. ¿Cómo entonces pensar la política de una comunidad que se caracteriza por la ausencia de identidad y condiciones de pertenencia?

Reconsiderar los procesos democráticos y de alineación organizacional. Para Nietzsche, el movimiento democrático es una forma de decadencia que, al querer tratar a todos los hombres sobre la misma base de igualdad e imponer lo mismo para todos, conduce a la mediocrización del hombre. Puesto que cada hombre es un resultado único de las fuerzas que lo cruzan, todo Estado, religión, moral o doctrina política son instrumentos de levantamiento que lo debilitan, imponiéndole una normatividad pulsional específica.(5) No obstante, es esencial precisar aquí que Nietzsche cuestiona el ideal democrático solamente en la medida en que contribuye al aplanamiento de las diferencias y al rechazo de todo lo que es raro y original. No combate la igualdad económica, sino solamente a la nivelación de las diferencias y a la reducción a un único tipo.(6) Obtener un consenso por deliberación como lo propone Habermas, para Nietzsche vendría a aplanar las ideas fuertes y originales para dar paso a críticas e ideas débiles que ni siquiera merecen detenerse en ellas.

Reconsiderar el espacio público. A la luz del pensamiento nietzscheano nómada, el espacio público debe reconsiderarse no como un lugar cerrado dónde un puñado de individuos llegan a un consenso sobre cuestiones de interés público, después de haber deliberado de manera razonable, sino como un espacio abierto que da lugar a encuentros, e incluso a relaciones de fuerza, que favorecen la transformación de los individuos que se encuentran. Es decir, el espacio público debería preverse como un lugar que permite a individuos procedentes de medios diferentes, enfrentar sus ideas y renovar constantemente su pensamiento al azar de sus encuentros fortuitos. Desde este punto de vista, convivir mejor implicaría para cada uno mostrar una gran apertura, prever las diferencias entre los individuos y las diferencias dentro de cada individuo, como una riqueza y no como un obstáculo a la “convivencia”.

Repensar las relaciones interindividuales. Sería interesante ver en qué medida el concepto del “rizoma” teorizado por Deleuze y Guattari, permite reconsiderar la “convivencia”. En efecto, el modelo del rizoma no prevé las relaciones interindividuales en función de una jerarquía, sino más bien en función de redes de interconexiones donde se desarrollan vínculos de afinidad y no vínculos de filiación.(7) En una época en la que proliferan las diferencias de culturas, modos de vida, religiones o preferencias sexuales, parece en efecto necesario derrumbar las barreras identitarias, geográficas, sociales, culturales y sexuales, para prever las relaciones con otros, sobre la base de la afinidad. ¿Una cultura que favorecería la reunión de individuos de medios completamente diferentes en torno a pasiones o intereses comunes nos permitiría convivir mejor?


“El pensamiento nómada de Nietzsche es todavía de gran actualidad, la mayor circulación de personas, bienes e ideas desarraigó a muchos hombres de su hábitat para enfrentarlos a las múltiples líneas de fuga que son las de ellos. Este movimiento es cada vez más rápido, incómodo, vuelve precario al individuo en su sociedad. El poder y la autoridad no encuentran ya la resistencia que esperaban ya que el individuo se mueve rápidamente en el interior de sí mismo, modifica sus lealtades en el curso de su viaje. Se fija cada vez menos en un único pueblo, una única idea, un único dios. Es un exiliado en la multiplicidad de los devenires, se de-sedentariza para volverse a nomadizar.”(8)


NOTES

1. Michel Foucault, prólogo al Anti Edipo
2. Fabrice Raffin- Baldíos industriales - un mundo cultural europeo en cambio, Ediciones Harmattan, 2007
3. La itinerancia de los artistas y la constitución del campo de las artes en Brasília (1958-2005) - Angélica Madeira, Universidad de Brasília
4. TRÉPANIER-JOBIN, Gabrielle (2008), Cómo convivir mejor. Pensamiento nómada y nuevas perspectivas: Actas del coloquio “Cómo convivir“ El encuentro de las subjetividades en el espacio público” (Universidad de Quebec, Montreal, 20-21 de octubre de 2007), bajo la dir. de Charles Perraton, Fabien Dumais y Gabrielle Trépanier-Jobin [en línea: http://www.gerse.uqam.ca].
5. Wotling, 2000: 32; Crepúsculo de los ídolos, “Aquellos que quieren “enmendar” la humanidad”, §2
6. Nietzsche. Crepúsculo de los ídolos “Correrías de un hombre inactual”, § 37, 38
7. Capitalismo y Esquizofrenia 2. Mil de Mesetas, Gilles Deleuze y Félix Guattari, París: Minuit, 1980: 20, 25
8. Anarkali- Buscador de exilioEn ligne: figures de l’exil chez nietzsche (VIII) : conclusion ; exil et nomadisation

9. Definicion de la línea de fuga: (Collectif Transversel Decembre 2010) : "En el universo de dispositivos de poder, en ese mundo tan blindado de roles e interacciones que nunca acaban, la emancipación no se plantea como un programa, un proyecto opcional sino como una perspectiva, una línea: la línea de fuga. El concepto de línea de fuga fue elaborado por Félix Guattari et Gilles Deleuze. Difierencian para eso tres tipos de línea: la línea dura, la línea suave y la línea de fuga. Las líneas duras son las de los dispositivos de poder. Las líneas suaves rodean las líneas duras sin cuestionarlas. Y para terminar hay las líneas de fuga y de esas nunca regresamos al mismo punto de inicio."


 

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