Du groupe de discussion au Coaching groupal

Marius Lachavanne

marius.lachavanne@thinkbluethinking.com

 

Version française

Contributions théorique et pratique de Marius Lachavanne

Le groupe de discussion a émergé dans les années 50 dans le cadre des recherches de Robert K. Merton et Paul Lazarsfelt sur l'impact des messages radiophoniques promouvant l’engagement dans l’armée américaine. Depuis lors, cette technique a été largement débattue et développée dans divers domaines tels que la recherche marketing et la sociologie. Le coaching de groupe quant à lui a fait son apparition dans les années 80. Il revêt la forme d'une conversation de groupe accompagnée de dynamique fréquemment utilisée pour motiver les équipes de ventes.

Outil incitateur ou méthode de recherche ?
D'un côté, le coaching de groupe est considéré comme un outil incitateur à l'action et au changement. De l’autre côté, le groupe de discussion est une méthode de recherche plutôt descriptive du comportement des individus. Bien qu'à première vue ces deux techniques semblent être utilisées à des fins différentes nous pouvons nous demander si la quantité d’études et d’ouvrages qui existe sur le groupe de discussion nous permettrait d’enrichir la technique du coaching de groupe. En d'autres termes : Quels sont les éléments qu’ont en commun ces deux techniques et comment le groupe de discussion pourraient venir enrichir notre compréhension et pratique du coaching de groupe?

Les éléments contextuels
Tout d'abord, intéressons-nous aux éléments contextuels relatifs au groupe de discussion. Par exemple dans le cadre de la recherche marketing, les focus group ont généralement lieu dans une salle équipée de miroir sans tain. Des collations à une récompense économique, tous les détails sont contrôlés. Au contraire, dans le domaine de la recherche sociologique, un groupe de discussion peut être organisé de manière totalement spontanée sur le banc d’un lieu public. En fin de compte, ce qui importe c’est l'observation et l'interprétation du processus en tant que tel et comment l'environnement impactera sur les participants ou inversement. «The researcher must think about the location and layout of the group session and how that location/layout might impact participant » (Packer-Muti, 2010).

Ce conseil prend tout son sens dans le cadre du coaching de groupe surtout dans une perspective systémique. En effet, on peut considérer un groupe d’individus comme un système ouvert en interaction avec d’autres systèmes (l’environnement, les autres groupes qui l’entourent, les structures urbaines etc.). Ce mécanisme d’échanges qui caractérise tout être vivant offre un point d’appuis formidable pour faire une multitude d’observations souvent très pertinentes. Finalement, aussi bien dans le coaching groupal que dans le groupe de discussion il est nécessaire de considérer le contexte dans lequel le processus se déroule. En général, l'intervention du Coach doit être en dehors du lieu de travail pour éviter toute partialité et distraction. Dans la pratique on choisit souvent une salle de formation ou le salon d’un hôtel. Compte tenu de la variable environnementale on suggère donc de ne pas se limiter et de savoir s’aider du contexte pour parfois provoquer un déséquilibre et voir comment le groupe réagit.

Le nombre idéal ?
il est intéressant de savoir quel est le nombre idéal de participants pour un coaching groupal (SPAM). Si nous nous référons au groupe de discussion Kitzinger (2004 ) affirme que, au-delà de 8 ou 9 participants le groupe a tendance à se subdiviser et à créer des sous-groupes . Fern (1982) ajoute que 12 personnes sont un maximum. Donc sur cette base on considère un nombre de participants idéals néanmoins il ne faut pas oublier l’importance de l’animateur. En effet, le control du groupe dépend fortement du coach/modérateur. Généralement plus le groupe est petit et plus il sera facile à manipuler mais un animateur expérimenté sera capable de gérer des grands groupes. En pratique il est bon de pouvoir compter sur quelques personnes en plus au cas où le groupe se disperserait.

La nature du groupe
Intéressons-nous à la nature du groupe et à ses implications dans son observation/interprétation. Par exemple, les agences d'études de marché choisissent des groupes extrêmement homogènes ce qui permet au modérateur de trouver le consensus, comme si le groupe parlait d'une seule voix. En effet, selon Calder (1977) plus le groupe est homogène, plus les membres auront la possibilité de trouver un consensus et de construire une réalité commune. «Phenomenological groups require homogeneity (p.362). A shared perspective cannot be expected to emerge if the people are not similar». Donc, la capitalisation des expériences, des références partagées permettra au groupe de construire sa propre structure de sens. Dans le cas d'un coaching groupal, le coach à tendance à mettre les participants dans des situations difficiles dans lesquelles les membres du groupe doivent échangés, communiquer et faire preuve d’habilité pour donner du sens à ce qui leur est proposé. Ces espaces, fréquent lors d'une séance de coaching groupal, sont incarnées par des exercices pratiques. Ainsi, le coach réfléchira sur le système de représentation du groupe et sa construction de la réalité. Mais comme l’indique Calder pour être tout à fait complet, il sera nécessaire de prendre en compte la composition du groupe et leur niveau d'homogénéité. Par exemple, face à la même tâche, un groupe avec plusieurs niveaux hiérarchiques réagira différemment à un groupe homogène. Le coach doit-il ou non tenir compte de cette variable dans son interprétation ou dans la préparation de la session ?

En conclusion de cet article
Nous sommes maintenant capables d’affirmer qu’il existe une proximité méthodologique entre le groupe de discussion et le coaching de groupe. La gestion du contexte, la nature du groupe et sa délimitation soulèvent des questions qui peuvent être éclairées par la connaissance scientifique et les études faites depuis les années 50 sur l’entretien de groupe. Enfin, bien que le principe d’action et d’intervention du coaching se différencie au paradigme et à l’éthique des sciences sociales, on pourrait imaginer une forme hybride. C’est troisième voix fut explorée par Alain Touraine dans les années 70. En rupture avec la posture communément admise, Touraine eu l’audace de faire une sociologie dite de l’intervention. Sa perspective de recherche-action utilise le groupe de discussion non pas comme un outil mais comme à des fins de changement social. C’est par la discussion et la conversation sur un problème proposé que le groupe construit sa propre solution. Le groupe de discussion sera donc le vecteur d’un du changement dans la communauté. On trouve peut-être ici une forme embryonnaire de ce qui sera quelques années plus tard le coaching de groupe.

Bibliographie
- Calder B.J., 1977, Focus Groups and the Nature of Qualitative Marketing Research. Journal of Marketing Research, Vol.14, No.3, Special Issue: Recent Developments in Survey Research, pp. 352-364.
- Fern E.F., 1982, The Use of Focus Group for Idea Generation: The effects of group Size, Acquaintanceship. And Moderator on Response Quantity
- Kitzinger, J., Markova, I., & Kalampalikis, N., 2004, Qu’est-ce que les focus groups, Bulletin de psychologie, 471 (3), pp. 237- 243.
- Merton R.K., Fiske M. & Kendall P. L., 1956/1990, The Focused Interview. New York: Free Press. 2nd Ed.
- Packer-Muti 2010, conducting a focus group, The Qualitative Report Volume 15 Number

 

V.O. Espagnol

Del grupo de discusión al Coaching grupal: aportaciones teóricas y prácticas

El grupo de discusión surgió durante los años ‘50 gracias a los estudios de Robert K. Merton y Paul Lazarsfelt sobre el impacto de los mensajes radiofónicos promoviendo el servicio militar americano. Desde entonces esta técnica fue largamente debatida y desarrollada en varias declinaciones y campos como en la investigación de mercado, la sociología y la psicología. Treinta años después el coaching hizo su aparición ofreciendo una forma de entrevista grupal apreciada por ejemplo en las intervenciones de coaching empresarial. Por un lado el coaching grupal es considerado como un instrumento incitando a la acción y al cambio.

Y por otro lado el grupo de discusión se aparenta a un método de investigación descriptiva del comportamiento de los individuos en sociedad. Aunque a primera vista las dos técnicas parecen alejadas nos podemos preguntar si la comprensión que tenemos sobre la entrevista grupal nos permitiría enriquecer la técnica del coaching grupal. En otras palabras: ¿Cuáles son los elementos relevantes que tienen en común la entrevista grupal con el coaching grupal y cómo estos podrían venir enriquecer la comprensión de la práctica del coaching grupal?

En primer lugar, nos interesamos al contexto en lo cual se desarrolla la entrevista grupal. En efecto se puede llevar a cabo de manera muy controlada en una cámara de Gesell o de manera totalmente espontánea en un lugar público. Lo que importa en la observación e interpretación del proceso es tomar en cuenta el impacto que puede tener el entorno sobre los participantes del grupo. «The researcher must think about the location and layout of the group session and how that location/layout might impact participant » (Packer-Muti, 2010, p.29). Este consejo hace mucho sentido a los expertos del coaching grupal más aún cuando consideramos al grupo como un sistema abierto en interacción con su ambiente. Este mecanismo que caracteriza a los seres vivos ofrece un punto de observación muy pertinente. De esta manera el coach podrá observar y cuestionar al grupo sobre las interacciones que tiene con su ambiente y como se adapta a sus variaciones. En resumen, en coaching grupal como en la entrevista grupal, se recomienda considerar el contexto en el cual se desarrolla el proceso. De manera general una intervención de coaching grupal debe de ser afuera del lugar de trabajo del grupo para evitar todo tipo de sesgos y de distracciones. Es preferible estar en un salón de formación o de un hotel. Pero tomando en cuenta está variable ambiental sugerimos no limitamos y apoyarnos en el contexto.

En segundo lugar nos interesamos en saber cuál es el número ideal de participantes para un coaching grupal. Si nos referimos al grupo de discusión Kitzinger (2004) afirma que después de 8 a 9 participantes el grupo tiene las tendencias a generar sub grupos. Fern (1982) agrega que 12 personas constituyen un máximum. En base a eso podemos dar un rango de participantes ideales pero el nombre ideal no existe. En realidad la gestión del grupo depende mucho del Coach. En general más el grupo es pequeño y más se manejará fácilmente pero un coach experimentado sabrá regular su nivel de control para manejar grupos más grandes.

En tercer lugar, nos podemos preguntar sobre la composición del grupo y su implicación en la interpretación. Por ejemplo en la agencias de investigaciones de mercado preferimos de tener un grupo homogéneos con lo cual el moderador podrá tener un dialogo fluido como si el grupo hablaría de una sola voz. Según Calder (1977) más tenemos un grupo homogéneo, más los miembros tendrán la facilidad para encontrar el consenso y construir una realidad común. «Phenomenological groups require homogeneity. A shared perspective cannot be expected to emerge if the people are not similar » (p.362.)

En efecto la capitalización de experiencias o de referencias compartidas permitirá al grupo construir su propia estructura y su propio sentido de la realidad.
En el caso de un coaching grupal, la tarea del coach es de provocar situaciones retadoras a través de las cuales los miembros del grupo intercambian, se configura para da su propio sentido a las cosas. Estos espacios frecuentes durante una sesión de coaching grupal son encarnados a través de ejercicios prácticos. Así mismo el Coach hará reflexionar el grupo sobre su propio sistema de representación y de construcción de la realidad. En este sentido creamos a las importancia de tomando en cuenta la composición del grupo y su nivel de homogeneidad. Por ejemplo, frente a la misma tarea, un grupo con varios niveles jerárquicos reaccionará de manera diferente a un grupo del misma pertenencia jerárquica. Está variable nos parece tener su importancias y el coach tendrá que tomarla en cuanta tanto en la fase de interpretación que en la preparación de la sesión.

En conclusión de este artículo, podemos decir que existen similitudes en el método entre el grupo de discusión y el coaching grupal. La gestión del contexto y la naturaleza del grupo plantean cuestiones que pueden ser contestadas por el conocimiento científico y los estudios sobre la entrevista grupal. Por último, aunque en coaching el principio de la acción y de la intervención es diferente del paradigma y de la ética de las ciencias sociales, se podría imaginar una forma híbrida. En los años 70 Alain Touraine tuvo la audacia de hacer una sociología de la intervención. Su punto de vista favorece la investigación-acción utilizando el grupo de discusión no como una herramienta pero con una finalidad destinada al cambio social. A través de la discusión y la conversación el grupo construye su propia solución. Así el grupo de discusión será el vector del cambio en su comunidad. Quizá encontramos aquí la forma embrionaria de lo que será un par de años más tarde el coaching grupal.
 

Bibliografía
- Calder B.J., 1977, Focus Groups and the Nature of Qualitative Marketing Research. Journal of Marketing Research, Vol.14, No.3, Special Issue: Recent Developments in Survey Research, pp. 352-364.
- Fern E.F., 1982, The Use of Focus Group for Idea Generation: The effects of group Size, Acquaintanceship. And Moderator on Response Quantity
- Kitzinger, J., Markova, I., & Kalampalikis, N., 2004, Qu’est-ce que les focus groups, Bulletin de psychologie, 471 (3), pp. 237- 243.

 

 

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