L'ABCdaire : Comment ? (la question)

L’ABCdaire d'Isabelle LAPLANTE et Nicolas DE BEER
Les auteurs se proposent d’expliciter en quelques lignes les idées que ses auteurs entretiennent sur le monde. Il répertorie des mots choisis par les auteurs. Chaque mot donne lieu à un court article. Ces textes n’ont pas pour vocation de faire le tour d’un thème ou d’une question, ils ne prétendent pas à l’exhaustivité, ils ne se veulent pas synthèse ni analyse ni dissertation ni article de recherche. Ils expriment la vision, la compréhension, la position, l’opinion, etc. de leurs auteurs et explicitent les idées qu’ils entretiennent sur le monde et leur métier de coach, à un moment donné.
 

Nous entendons si souvent dire que la question "Comment ?" est royale en coaching, cette question nous semble hégémonique. Car, poser la question "Comment ?" sans avoir d'abord posé la question "Pourquoi ?" procède de l'utilitarisme. Faire produire plus et mieux, être plus performant, les motiver, faire plus de profits, faire plus de croissance, manager de façon optimum, "Pourquoi ou pour quoi faire ? Pour satisfaire quelle valeur ? Pour atteindre quel but ?
En français, "Pourquoi" ou "Pour quoi" a le même sens. En anglais les deux s traduisent par "Why ?".

Mais comment y arriver alors que ce sont les moyens de faire qui deviennent les buts ? Car ce serait décider qu'il nous faut des satisfactions à des besoins non mis à jour !

La question "Pourquoi ?" nous permet de nous interroger sur la pertinence d'une action à mener, un objet à produire, une valeur à satisfaire, nous demander quelle est notre place dans le monde. La question "Comment ?" arrive alors à point nommé pour nous aider à mettre en marche les moyens de cette aspiration légitime. Faire passer la question "Comment ?" en premier, sans but identifié, ni fin énoncée, ou aspiration, rêve, espoir, etc. c'est faire de la production des moyens un but affiché, auto-proclamant qu'il faut changer pour changer, faire pour faire, faire produire parce qu'il le faut...
Si la question "Comment ?" fait appel à la technique, la question "Pourquoi ?" est d'ordre philosophique. La seconde nous semble d‘évidence la précéder.

Oh ! Nous avions omis de parler de la première question, à poser avant tout, c’est la question "Quoi ?" Le contexte qui amène le client à venir jusqu’à nous.

En coaching, pour nous la démarche est claire : faire expliciter le "Quoi ?"; puis demander au client sa déclaration de position, car, sans espoir, but, aspiration, rêve ou vision déclarée, la question "Comment ?" est prématurée. Elle arrive donc en dernier !
Ceci bien sûr s'inscrit dans un déroulé, ce n'est pas un outil.

 

6 commentaires(s)

 

1. par Nicolas De Beer

La question "pourquoi ?" permet aussi, quand elle est posée à bon escient, à notre client de s'ouvrir et d'exprimer ses buts, souhaits, désirs, valeurs, rêves, espoirs, principes, engagements, mission... :)

2. par Lionel

Hmm... "pourquoi" = "pour quoi" ? Pas si sûr : il me semble que "pourquoi" = "pour quelle raison" (dans le passé), alors que "pour quoi" = "dans quel but" (dans le futur). Qu'en pensez-vous ?

3. par Damien Malène

Finalement le fameux « P CQQ COQP, » qu’un ordre plus logique, mais pas nécessaire à respecter, pourrait disposer en « QQOQCCPP », soit donc Quoi ? Qui ? Où ? Quand ? Comment ? Combien ? Pourquoi ? Pour Quoi ? est connu depuis longtemps, mais n’est peut-être pas assez utilisé.
Les PNListes peuvent les inscrire dans la mise en œuvre du modèle de type SCORE.
Je préfère pour ce qui me concerne différencier la question « Pourquoi ? », why, en anglais, porqué, en espagnol, qui se réfère plutôt aux causes et au sens (donc à des éléments du passé), de la forme « Pour Quoi ? », what for, en anglais, para qué, en espagnol, qui se réfère aux finalités, aux buts, aux conséquences (donc qui pointe vers le futur). Dans les deux cas c’est le subjectif, l’interprétable,… qui sont convoqués, ce qui est invisible.
Ces deux dernières questions, transversales, peuvent interroger, remettre en cause, valider, … la (les)
réponse(s) à chacune des autres questions ainsi que la situation problématique dans son ensemble.
Associé à un Mind Mapping (les cartes mentales), le « QQOQCCPP » peut se révéler un puissant outil d’exploration systémique.
Le Comment ? interroge, lui, les effets, le symptôme, le processus, le mécanisme, ce qui est visible…
Une difficulté c’est que un « Pourquoi ? » sec peut amener des rationalisations, des justifications, mobiliser des défenses faisant écran devant les causes, les motivations authentiques, profondes, inconscientes du sujet, tester la naïveté de celui qui pose la question (pas forcément volontairement, d’ailleurs, et sans mensonge délibéré).
Peut-être alors faut-il suspecter (au moins un peu) les réponses aux « Pourquoi ? » et chercher à les valider.

4. par I Laplante & N De Beer

Merci pour ces commentaires. Nous avons donc rajouté une phrase au début de notre article pour donner notre avis : "Pourquoi" et "Pour quoi" ont le même sens, il n'y a pas de différence. Et ils se traduisent tous deux par "Why" en anglais.

5. par GBT la pierre d'aigle

cette question "comment" est reine dans les entretiens de coaching interne . Je crains que le marché du coaching dominé par les commandes institutionnelles rende inaudible sinon inconvenante la question du pourquoi car elle met en lumière la vacuité actuelle des valeurs politiques. Le coaching comme refuge de la subversion? beau programme non ?

6. par Lionel

La question "pourquoi ?" mériterait même d'être précisée en "pour quoi ?" (dans quel but, avec quelle intention, au service de quel discours...)
Sans oublier la question du "qui ?" (qui en moi poursuit cet objectif ? moi... ou mon patron, mes profs, mon conjoint, mes amis ?)


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