L'ABCdaire : Changement

L’ABCdaire d'Isabelle LAPLANTE et Nicolas DE BEER
Les auteurs se proposent d’expliciter en quelques lignes les idées que ses auteurs entretiennent sur le monde. Il répertorie des mots choisis par les auteurs. Chaque mot donne lieu à un court article. Ces textes n’ont pas pour vocation de faire le tour d’un thème ou d’une question, ils ne prétendent pas à l’exhaustivité, ils ne se veulent pas synthèse ni analyse ni dissertation ni article de recherche. Ils expriment la vision, la compréhension, la position, l’opinion, etc. de leurs auteurs et explicitent les idées qu’ils entretiennent sur le monde et leur métier de coach, à un moment donné.



Le changement incessant, peut parfois s'apparenter à de l'agitation, à de l'instabilité, à une attitude déséquilibrée. Et pourtant, tout le monde parle et veut le changement.

Dans la pensée aristotélicienne qui façonne notre culture occidentale, notre façon d'appréhender la réalité se veut binaire, opposé. Par exemple : masculin-féminin, jour-nuit, bon-mauvais, noir-blanc, etc. Dans ce cas, le mot changement ne peut pas être considéré comme un terme isolé, mais faisant partie d'un couple indissociable et en opposition : est-ce la stabilité ou l'équilibre, conservation, ou, ou, ou... Un marin a le pied stable quand la houle se lève. Il maintient sa stabilité dans le mouvement constant de la houle.

Comme le propose le philosophe Marcel Gauchet, pour engager le changement, il faut trois valeurs : le progrès nécessaire, la justice et la maîtrise des rouages de la vie collective.
Nous espérons que nos confrères coaches et consultants ne nous en voudront pas trop mais, accompagner le changement, c'est comme accompagner la croissance, vouloir la liberté, etc. Lequel est-ce et est-ce nécessaire ? Est-ce juste ? Et la maîtrise des rouages de la vie collective ? Est-elle prise en compte ?

Ceci posé, nous pouvons faire deux constats :
Où est le complément d'objet ? C'est le changement de quoi ? Oui nous pouvons mais nous pouvons quoi ? Le changement c'est maintenant, mais lequel est-ce ? Le changement sans complément d'objet, c'est la résignation. Car, on est soit disant obligé d'aller vers le changement, sans savoir lequel et sans savoir donc si c'est pour un mieux ! Sans complément d’objet, on est alors dans l'intransitif, et ceci signale la perte de boussole ;

Le changement pour quoi faire ? Dans notre société utilitariste il faut produire pour produire, croître pour croître, changer pour changer, d'accord, mais dans quel but ?

La principale question évoquée de nos jours est comment produire plus, comment croître plus, comment changer, sans but clair, voire sans but du tout.
Serait-ce le changement contraint pour survivre ? Pourtant, le changement seul n'existe pas. Nous pensons bien difficile de penser au "changement" à un niveau sans également penser "stabilité" à un autre niveau. Un point d'appui pour changer, si vous préférez.
"On ne prépare l'avenir qu'en s'appuyant sur le passé pour le dépasser, le présent n'étant que ce lieu de passage entre l'ancien et le nouveau, le passé et le futur. Aucun progrès scientifique ou artistique, ne peut se produire sans prendre appui sur des acquis, en vue de les remodeler de manière créatrice." (Paul Valadier).

En fait, le changement ne nous attend pas il se produit tout seul. Et la question "Pourquoi ?" (but) devrait précéder la question "Comment ?" (moyens pour atteindre ce but).

En coaching, nous donnerons la priorité aux valeurs et aux aspirations du client avant d'identifier moyens et ressources pour satisfaire ces aspirations ainsi légitimées. Bref le changement ou la stabilité seront décidés par le client suite à ces investigations.

 

1 commentaires(s)

 

1. par Damien Malène

Grosso modo nous renouvelons les cellules de la majorité de nos organes tous les sept ans, même si ce n'est pas à la même vitesse partout et pour tous ces organes.
Le vieux et usagé meurt, disparaît, du neuf le remplace et nous permet de prolonger la vie (le jeu intriqué des pulsions de vie et de la pulsion de mort se manifeste au niveau biologique aussi). Même les neurones, dont le stock était réputé figé et en dégression dès la fin de la première année de la vie se reproduisent et établissent des milliers de nouvelles connexions à chaque seconde.
En un demi siècle,49 ans (7 fois sept ans, nous avons changé sept fois (malgré nous, à notre insu ?) tout en restant "identique",et dans une stabilité relative, celle de notre structure psychique, morphologique, biologique.
On dit aussi que les chats ont sept vies...
Nous, centenaires selon un standard déjà atteint, nous en aurions quatorze.


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