L'ABCdaire : Animisme


L’ABCdaire d'Isabelle LAPLANTE et Nicolas DE BEER
Les auteurs se proposent d’expliciter en quelques lignes les idées que ses auteurs entretiennent sur le monde. Il répertorie des mots choisis par les auteurs. Chaque mot donne lieu à un court article. Ces textes n’ont pas pour vocation de faire le tour d’un thème ou d’une question, ils ne prétendent pas à l’exhaustivité, ils ne se veulent pas synthèse ni analyse ni dissertation ni article de recherche. Ils expriment la vision, la compréhension, la position, l’opinion, etc. de leurs auteurs et explicitent les idées qu’ils entretiennent sur le monde et leur métier de coach, à un moment donné.

 

"Je suis humain et rien de ce qui est humain ne m’est étranger", Terence.

L'Animisme est l"une des 4 ontologies que propose Philippe Descola* (Animisme, Analogisme, Naturalisme, Totémisme).
Dans la perspective animiste, le monde est constitué de sujets, il n’y a pas d’objets. Toute communication est investie de sociabilité.

L’accueil d’autrui est l’accueil d’une autre subjectivité de même nature, malgré la diversité des apparences, qui se cache derrière la forme de l’autre. Le monde est constitué d’êtres aux multiples formes, aux multiples apparences, mais au fond, nous procédons tous de la même nature. Nous possédons tous la même intériorité. Il existe une humanité commune à tous les existants en dépit de la variété des physicalités*.

Gregory Bateson ne relevait-il d’ailleurs pas tous les points communs entre une anémone de mer et lui-même, notamment au niveau de la pensée ?


En quoi cette ontologie est-elle utile au coach ? Tout d’abord, elle lui permet de travailler par modélisation, notamment en renforçant la capacité à agir de son client par modélisation de symboles d’excellence. Faire identifier au client un/des modèles qui savent faire ce qu’il ne sait pas lui-même faire, l’aider à s’identifier au modèle, à faire « comme si », puis laisser le modèle s’incorporer, c’est, dans cette optique, une pratique de métamorphose.

Elle permet aussi au coach (et au client donc) de savoir que se métamorphoser, ce n’est pas perdre son identité.

Lorsque le monde est saisi comme ayant une âme, quelles que soient les modifications mises en œuvre, ce ne sont que des apparences, l’intériorité de tous les existants reste intacte et commune à tous. Changer, c’est juste faire preuve de souplesse et se donner à voir, sous l’apparence nouvelle, comme de la même espèce qu’autrui.

Quel soulagement ! Finies les angoisses d’être authentique, d’être soi-même, les peurs du clonage et l’exigence d’émancipation. L’individualisme (in-divisum) hypermoderne qui voit le monde à partir de la particule et non de l’ensemble.

Bienvenue à l’autonomie, qui nous permet d’évoluer dans le monde avec souplesse parce que nous sommes de même nature que ce (ceux) qui nous entoure(nt) et que nous ne perdrons pas notre âme en changeant.

Les parents ne seront plus obligés d’envoyer des faire-part sur lesquels c’est petit Pierre qui annonce lui-même sa naissance le 23 juillet 2012. Les équipes pourront reconnaitre que leur production est un travail collectif, les managers n’auront plus besoin de désigner un bouc-émissaire, la question de l’intégration ne se posera même plus et… les poules auront peut-être des dents.
 

* Philippe Descola, professeur au Collège de France, chaire d'Anthropologie de la nature. "Par delà nature et culture" Editions Gallimard.

Pour plus d'informations vous pouvez également lire notre article : "4 perspectives anthropologiques"

 

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