La systémique vous connaissez ?

 

Michel Saucet

 

L’idée de système

Le mot système nous vient du grec systêma dont le sens général est « ensemble », « réuni en un tout ». Ce terme a principalement été utilisé, en langage courant, pour qualifier un ensemble de propositions philosophiques, scientifiques … dont on privilégiait plus la cohérence intrinsèque que la correspondance avec la réalité.

Ce mot s’utilise habituellement dans les trois domaines suivants :
un ensemble de composants matériels, par exemple le système nerveux,
un ensemble de concepts, par exemple le système métrique,
un ensemble de méthodes ou de procédés, par exemple un système de formation.

Son sens est différent de celui de théorie, il est plus général, plus abstrait et fournit un cadre général de pensée. Bien que ce sens subsiste et conserve toute son utilité, il est différent de celui qui est utilisé dans le cadre de la systémique.
Voici une définition, parmi d'autres, caractérisant cette approche :
« Un système est un ensemble d’éléments en interaction dynamique, organisés en fonction d’un but. »
Ex : un organisme vivant, une entreprise, une famille, etc.
Cette définition suggère trois caractéristiques qui qualifient cette approche:
1. une structure physique constituée des différents éléments en interaction,
2. un réseau logique de relations entre ces éléments,
3. une totalité manifestant des propriétés inexistantes dans ses parties (holisme, émergence).

Il s’agit bien d’un véritable changement de paradigme, c’est à dire d’une autre manière de penser le monde, de l’interpréter et d’agir. Le système est une totalité qui développe sa propre finalité, différentes de celles de ses parties.

Les différents types de systèmes

Décrire un système implique que nous soyons capables de le différencier de son environnement. Il nous faut donc distinguer un intérieur et un extérieur séparé par une frontière. Une frontière, c’est bien connu, permet tout de même des échanges, mais ceux-ci sont filtrés et limités. Pour les décrire, il est pratique de les décomposer en trois sortes.
Un échange d'information
Un échange de matière
Un échange d’énergie

Bien entendu, la matière peut être transformée en énergie, quant à l’information elle est liée aux caractéristiques du récepteur qui traduit des variations énergétiques de son environnement en information (ondes acoustiques, rayonnement électromagnétique, etc.). L’information est liée aux caractéristiques de la "structure d’accueil".
Par exemple, le « système entreprise » reçoit des matières non ouvrées, qui sont transformées en produits finis, grâce à l’énergie provenant de l’extérieur (électricité, gaz, etc.), et ces derniers sont proposés au marché qui en est informé par la communication commerciale (information).

Les systèmes ouverts
Un système totalement ouvert ne serait pas repérable, par un observateur, puisque non séparé de son environnement. On ne pourrait distinguer un intérieur et un extérieur.

Les systèmes fermés
Un système totalement fermé n’a aucun échange avec son environnement. Il en découle deux conséquences :

le système n’échangeant aucune information avec son environnement ne peut nous être connu,
puisque le système est totalement clos, il obéit au second principe de la thermodynamique et voit donc son entropie augmenter inexorablement. Il est donc destiné à mourir.

Toutefois l'existence d'un tel système peut être postulée comme hypothèse de travail.

Les systèmes à frontières

Une frontière est une limite conçue entre deux entités. Elle peut être fonctionnelle ou structurelle.
La frontière fonctionnelle est une limite créée par l’interprétation d’une situation en fonction de certains critères. Le repérage d’un sous-groupe informel dans un bureau par exemple.
La frontière structurelle est liée à une caractéristique physique reconnaissable qui disjoint le système de son environnement. La peau sépare un organisme de son environnement.
Ces deux types de frontières ne sont pas toujours identifiables simplement et, de plus, dépendent des objectifs d’action.

Les applications de la systémique

Les représentations systémiques complètent avantageusement les représentations classiques, analytiques soit qu'elles fassent émerger des phénomènes "invisibles" dans les modélisations analytiques, soit qu'elles proposent des solutions différentes.

Voici quelques pistes de réflexion, non généralisables, liées à cette approche.
Un système a son propre but, sa propre "intelligence".
La résistance au changement résulte de processus implicite d'autorégulation.
Un système a un point d'entrée plus sensible qui permet une économie de moyen.
Tous les éléments d'un système sont co-responsables des événements qui surviennent.
Invoquer une cause externe de dysfonctionnement est typique d'un raisonnement non systémique.
Un système introduit un délai de réaction entre la cause et l'effet ce qui, en l'absence de résultat immédiat, peut conduire à augmenter la cause.
Les systèmes complexes ont un comportement adaptatif. Ils répondent activement, à leur avantage, aux variations de l'environnement.


 

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